Vers un Savoir rouler efficace
Le programme annoncé dans le Plan Vélo de 2018 connaît un regain d’intérêt. L’annonce du dispositif « Génération Vélo » y contribue largement.
Ce programme de financement annoncé par la FUB fin avril sera doté de 21 millions d’€. Il devrait permettre la généralisation de cet apprentissage à tous les élèves entrant au collège en 2024. Et depuis janvier, les premiers comités de pilotages départementaux se sont mis en place pour passer au déploiement concret.
C’est une formidable opportunité pour soutenir la mobilité active des enfants.
Pour que ce programme change réellement la mobilité des enfants, il faudra veiller à la qualité des interventions. Et au-delà d’un Savoir rouler,
Intégrer aussi le pouvoir et le vouloir rouler.
3 points simples pour renforcer l’impact de cet apprentissage
Pour que le Savoir rouler permette d’atteindre ces objectifs, nous proposons 3 points simples.
1. Privilégier l’usage du vélo des enfants pendant ce temps d’apprentissage.
2. Impliquer les adultes qui font régulièrement des activités avec eux (profs, parents, animateurs…).
3. Former les élèves dans leur environnement quotidien.
1. Privilégier l’usage du vélo des enfants pendant les formations
Inviter les enfants à venir avec leur vélo pour les stages Savoir rouler est un enjeu central. Un apprentissage qui n’est pas suivi de pratique s’oublie vite. En particulier en matière de sécurité routière. C’est l’une des conclusions de l’étude QASPER sur l’Attestation de première éducation à la route. Et pour pratiquer et ne pas oublier, il faut avoir accès à un vélo.
Cela permet par ailleurs de vérifier son bon fonctionnement en début de formation. Cela encourage l’acquisition d’un vélo et son entretien auprès des parents. Enfin, initier les enfants à quelques gestes d’entretien est toujours pertinent.
Dans les cas où certains enfants n’ont pas de vélo, il peut être nécessaire que la structure qui intervient fournisse une flotte d’appoint. On ne peut qu’encourager les écoles et les collèges à se doter d’une petite dizaine de vélos pour faciliter les activités cycle. L’accès à un vélo en bon état fait partie du «pouvoir rouler».
2. Impliquer les adultes qui font régulièrement des activités avec eux
L’objectif affiché du Savoir rouler à vélo, c’est l’autonomie. Pour autant, les adultes restent prescripteurs de la mobilité des enfants et l’encadrent. Que ce soit sur du temps familial, scolaire ou de loisirs. Il faut les rassurer sur les compétences acquises par les enfants lors des stages. Il faut également leur permettre de renforcer les connaissances des enfants. A cet effet, on peut impliquer les adultes des structures accueillant la formation pour leur transmettre des compétences. A minima, il faut que les adultes au contact des enfants puissent comprendre le niveau atteint lors de cet apprentissage. Sans le sous-estimer ni le sur-estimer, pour pouvoir remobiliser et approfondir les compétences de l’enfant.
Il est aussi intéressant de leur proposer des petites formations théoriques et pratiques ou encore d’accompagnement de cortège type vélobus. En rassurant et en motivant les adultes, on favorise le «vouloir rouler». On multiplie les occasions pour l’enfant d’exercer et de s’améliorer. On met la pratique de la mobilité vélo au cœur du quotidien de l’enfant.
3. Former les élèves dans leur environnement quotidien
Pour se déplacer en autonomie vers son collège, il faut maîtriser l’environnement dans lequel on vit, son quartier. Reconnaître les différents aménagements qui nous entourent. Comprendre enfin ces marquages au sol qu’on a vu cent fois sur la route de l’école ou de la boulangerie.
Un enseignement de qualité doit comporter un nombre d’heures important en circulation réelle. En les réalisant dans le contexte de l’enfant, on lui permet de mieux imaginer comment il pourra se déplacer demain. Il n’y a pas de plus grande joie que de passer à vélo devant la piscine, la bibliothèque, l’immeuble d’une copine. Parce que la mobilité des enfants ne s’arrête pas au trajet domicile-école, et que le vélo peut être mobilisé tout au long de la semaine. Pratiquer dans leur contexte, c’est enfin permettre aux enfants de comprendre leur espace urbain et ses modifications. C’est leur donner la possibilité de devenir acteurs de ces transformations, par des demandes d’aménagements pour faciliter leurs déplacements, pour le stockage des vélos, etc.
De ces 3 points découlent beaucoup d’autres aspects qui nécessitent également de l’attention. Mais ils résument cette ambition qui doit être celle des adultes : apprendre aux enfants à se déplacer à vélo, leur donner la possibilité de le faire, et surtout leur transmettre l’envie. Parce que ce programme est l’occasion de changer la mobilité des enfants : Savoir, pouvoir, vouloir rouler à vélo.
DIAGNOSTIC A VENIR EN SEPTEMBRE
